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Loi HADOPI

L'échéance du vote sur la loi HADOPI (celle qui vise à lutter contre le piratage de la musique et des films sur internet) approchant, France Info à ce matin donné la parole à Pascal Nègre, président d'Universal Music France et président du conseil d'administration de la SCPP ( Société Civile des Producteurs Phonographiques ).

Lecture de l'interview (enfin de ce que je m'en rappelle.. ce n'est pas exhaustif et je n'ai pas le temps immédiatement de réécouter l'interview).

J'ai adoré l'introduction de Mr Nègre : il nous donne tout une série de chiffre qui prouvent que tous les français sont pour la rémunération des artistes (des artistes, d'ailleurs, pas des producteurs...) et qu'ils ne souhaitent pas pirater les oeuvres.

N'est-ce pas un peu paradoxal ? Tout le monde veut payer, mais la majeure partie pirate ? Alors ok, considérons que certaines personnes ne répondent pas en toute bonne fois au sondage, malgré tout la majeure partie des français, et même des jeunes sont d'accord pour rémunérer les artistes. La question est donc bien : pourquoi ne le font-ils pas ?
La réponse est simple : il est plus simple de pirater un morceau de musique et de pouvoir l'utiliser ensuite à sa guise sur son lecteur MP3, sur l'ordinateur, la chaine hi-fi, etc... que d'acheter un morceau avec DRM dont on ne sait pas combien de temps on pourra l'écouter, ni sur quel appareil on pourra l'écouter chez un marchand en ligne dont le catalogue est partiel et dont les morceaux ne peuvent pas s'utiliser de la même manière que ceux du marchand d'à coté. 
Si la demande est là, mais qu'il n'y a pas d'offre correspondante, la demande va nécessairement s'orienter vers une offre alternative. C'est purement et simplement la loi du marché de l'offre et de la demande. 

A la question est-ce que couper l'accès internet ce n'est pas un peu disproportionné, Mr nègre répond en substance : "Non, c'est finalement le même principe maintenant admis du permis à point et du retrait de permis."

Oui bien sûr, mais quel à été l'effet pervers que l'on commence à constater depuis quelques années : le nombre de personne roulant sans permis ou avec un faux permis à augmenté dans des proportions phénoménales. Donc ce système à finalement poussé des gens, pas forcément pour des infractions lourdes d'ailleurs, vers un délit aux conséquences potentiellement bien plus graves pour elles.
Traduit en informatique et dans le cadre de la loi HADOPI : si télécharger de la musique illégale est risqué sur son propre réseau ou impossible faute d'accès internet, autant utiliser celui du voisin. Avec l'explosion du Wi-Fi, même dans les villes de petites tailles ou les grand villages, il n'est pas rare d'être arrosé chez soi par 2 ou 3 réseaux Wi-Fi. N'importe quel informaticien vous le dira : la plupart de ces réseaux sont au mieux mal protégés, voire complètement ouverts.
Partant de là, la loi HADOPI ne se posant pas la question de qui est l'utilisateur frauduleux et ne s'intéressant qu'à l'adresse IP enregistrée avec le téléchargement illégal, la porte est ouverte à toute les dérives. Et encore une fois, on passe d'un délit mineur (la violation de droit d'auteur) à un délit bien plus grave : celui de l'intrusion dans un système informatique.

Puis on lui demande, mais couper l'accès internet de toute la famille, c'est punir toute la famille pour la faute d'une personne, c'est comme retirer le permis de conduire à toute la famille pour l'excès de vitesse d'un conducteur ? Réponse : non ! Et un peu plus loin : le courier est envoyé au chef de famille, c'est à lui de veiller à ce que l'utilisation faites par tout le monde respecte la loi.

Cette réponse néglige un aspect : à l'heure actuelle, nombre de parents sont largués face à internet, leur enfants y sont bien plus à l'aise qu'eux. Et tout le monde sait bien que les enfants sont très loin de comprendre la portée de leurs actes et sont aussi bien loin de faire ce qu'on leur dit de faire. Plus grave aussi finalement, c'est l'aspect que j'évoquais juste au-dessus : la loi ne se pose pas la question de qui à fait l'utilisation frauduleuse, elle part du principe que c'est nécessairement une personne du foyer qui fait usage de l'accès internet, ce qui n'est justement pas nécessairement le cas.

Concernant la surveillance que va nécessiter cette nouvelle loi, la réponse est un exemple fabuleux de la langue de bois : "ce ne sont pas les internautes qui vont êtres surveillées, mais les oeuvres".

Splendide, fabuleux exemple de comment ne pas mentir sans dire la vérité. Surveiller les oeuvres ? Oui, mais qu'est-ce que ça veut dire ? Ca veut bien dire mettre en place des mécanisme d'écoute du traffic pour repérer le passage d'une oeuvre protégée. C'est donc bien un moyen d'écoute et de surveillance. Appelons un chat un chat. Et qui va le payer ce moyen de surveillance ? Parce que les équipement nécessaire à ces écoutes ne sont pas gratuits et les bases de données qui vont permettre de conserver ces informations pendant 1 an ne le seront pas non plus. Et croyez moi, ce n'est pas Universal Music qui va payer... Alors qui ?
Et bien vous et moi, forcément... d'une manière ou d'une autre ce coût nous sera refacturé. 

Finalement on lui demande ou en sont les offres légales, et la réponse vaut son pesant de cacahuètes : "La loi prévoit un élargissement des offres un an après l'adoption de la loi".

En gros ce monsieur nous expliques tout simplement qu'il ne veut pas du modèle libéral de l'offre et de la demande. Normalement un entrepreneur identifie un besoin et prends le risque de proposer un produit qui répond à ce besoin. S'il a bien identifié le besoin et si son produit y répond de manière satisfaisante, son offre va rencontrer la demande du marché et il va réussir. Ici, finalement que se passe-t-il : il existe une demande très forte depuis des années pour accéder à la musique et aux films en ligne de manère simple et économique. Depuis des années les producteurs rechignent à proposer une telle offre : on nous impose des DRMs, des modèles de souscriptions, etc... Résultat, la demande s'oriente vers une offre illégale qui répond à son besoin.
Maintenant que nous disent les producteurs ? En clairs ils nous disent : nous ne voulons pas prendre de risque, nous ne voulons pas qu'il puisse exister d'autres alternatives à nos offres, donc nous ne proposeront nos offres qu'une fois que le piratage auras été éradiqué. Je veux dire soyons clairs : la loi HADOPI est faite par les producteurs, ce sont eux qui poussent pour qu'elle soit adoptée, le conflit d'intérêt est évident.
 
Enfin l'argument massue : Nous ne sommes pas le seul pays à choisir cette voie, les autres pays le font aussi, nous ne pouvons pas rester l'exception.
 
Alors là, c'est toujours le même argument stupide qu'on nous sert à toutes les sauces : pour les OGMS, les vaccins, le lait, la musique, etc... Tout le monde fait pareil.
 
Tiens donc. 
 
Et ce ne serait pas sous la pression des même personnes ? Vous voulez sincèrement me faire croire qu'Universal Music ne fait pas pression partout dans le monde pour obtenir les même droits partout ? Mr Nègre, semble vouloir nous faire oublier que les grandes entreprises sont toutes internationales, et qu'elles défendent de la même manière leurs droits partout.
 
Donc ils réussissent à faire passer une loi qui va dans leur sens dans un pays, et ensuite ils se dépêchent d'aller crier dans tous les autres pays : mais voyez, là-bas ils ont déjà adopté des mesures dans ce sens. Et plus de pays se laissent influencer par leur lobbying, plus l'argument prends de poids. 
 
 
Donc je vous invite si vous ne l'avez pas encore fait à aller signer la pétition de SVM contre cette loi ici. Vous pouvez aussi lire les articles de SVM sur la question ici et . N'hésitez pas, une fois que cette loi sera passée, il sera trop tard, ce sera un nouveau pas vers la surveillance et il ne sera plus possible de faire marche arrière, il y aura bein trop d'intérêts en jeu. 

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